Une vie de plâtre

Expériences de chimie sur l’élaboration et la mise en œuvre d’un matériau
 
 
Le plâtre est un matériau employé par les hommes depuis très longtemps : les premières races d’utilisation, au Proche-Orient, remontent au huitième millénaire avant Jésus-Christ. Il a été, par exemple, utilisé en Egypte pour confectionner les joints d’assemblage des blocs de la pyramide de Chéops (2800 avant Jésus-Christ)
Actuellement, à côté d’utilisations traditionnelles telles que par exemple la construction de barrages, de digues et d’habitations dans les oasis du Mzab Algérien ou du Sud Tunisien, une industrie moderne et performante transforme une roche, le gypse (ou utilise des sous-produits de diverses industries chimiques), en plâtre et produits finaux à base de plâtre.
 
 

LA MATIÈRE PREMIÈRE NATURELLE DU PLÂTRE : LE GYPSE

Le sulfate de calcium se présente dans la nature sous forme de gypse.
Ce sont les gisements de gypse qui sont principalement exploités.
Ils sont nombreux dans le monde, particulièrement en France et aux Etats Unis, mais absents des régions volcaniques comme le Japon.
Les réserves mondiales sont estimées à 2,6 milliards de tonnes.
 
 
Dans le Bassin Parisien (environ 70 % de la production française) : à Cormeilles-en-Parisis, Montmorency, Villiers Adam (Val-d’Oise), Vaujours (Seine-Saint-Denis), Villevaudé-le-Pin, Saint Soupplets (Seine-et-Marne).
 
L’important gisement du Bassin Parisien (3400 hectares exploitables), formé à l’Eocène (65 millions d’années), est constitué de trois à quatre couches (appelées masses) successives de gypse séparées par des marnes (argiles calcaires) qui ont protégé le gypse de la dissolution.
La couche la plus proche de la surface est la plus épaisse (jusqu’à 21 m), la deuxième couche étant plus mince (environ 7 m).
Ces deux couches sont les seules actuellement exploitées.
L’érosion intense du quaternaire n’a laissé subsister que des buttes dans lesquelles sont effectuées les exploitations actuelles.
Les réserves exploitables de gypse du Bassin Parisien qui étaient estimées, il y a 25 ans, pouvoir durer 100 ans, ne sont plus actuellement que de trente à quarante ans du fait de l’emprise de l’urbanisation et de la réglementation.
 
« L’endurcissement du plâtre avec l’eau n’est autre chose qu’une véritable cristallisation, la pierre spéculaire (le gypse, NDLR), privée de son eau par le feu, la reprend avec avidité et recristallise de nouveau en formant une masse dont la dureté surpasse celle de la plupart de nos pierres ».capacité exceptionnelle assèchement et d’assainissement des murs anciens, protège tous les éléments du bâti craignant l’eau (bois, hourdis, torchis, …), assure sa salubrité et donc sa pérennité.
 
 

Une propriété du plâtre

Les propriétés du plâtre hydraté dépendent étroitement de sa composition et de la présence d’ajouts éventuels.
Par exemple, les proportions respectives d’hémihydrate et d’anhydrite ont une grande influence sur les propriétés des plâtres à enduire.
La propriété particulièrement intéressante du plâtre est celle d’isolation thermique et de protection contre les incendies.
 
Le plâtre possède de très nombreux atouts pour la protection contre les incendies :
 
Il est par lui-même incombustible : il est classé M 0 ; 
 
Il est mauvais conducteur de la chaleur et donc bon isolant thermique.
Cette propriété est liée à la structure poreuse du plâtre (qui résulte du départ d’eau lors du séchage), structure qui subsiste après déshydratation.
 
 
Cette qualité du plâtre est reconnue depuis longtemps.
Par exemple, l’ordonnance du 18 août 1667, un an après l’incendie qui dévasta Londres, rend obligatoire, à Paris, de recouvrir les pans de bois des maisons avec des lattes clouées et du plâtre « tant dedans que dehors, en telle manière qu’ils soient en état de résister au feu ».
On peut considérer que Paris doit au plâtre sa résistance aux incendies.